Vracdesouvenirs

 

Toi, petite fille, 31 août 2017

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 10 h 49 min

Dans les frimas de tes sept ans
Tu priais Marie, Dieu et les anges,
Tu étais sage et coulait le temps
Entre mère, frère et père qu’on dérange.

Sur les terres de tes sept ans
Tu ignorais d’autres existences
Tu courais les bois, les étangs
Pourtant mille dards guettaient ta douce enfance.

Pouvais-tu imaginer ça,
Tous ces vices de la camarde
Qui, en quelques mois renversa
Ta confiance et décolora tes hardes ?

Pouvais-tu imaginer, toi,
Qui te voyais déjà « maîtresse »
Ce qui les laissa tous pantois,
L’étendue mais le pouvoir de ta détresse ?

Pouvais-tu imaginer, là,
Comment il te faudrait faire face
Quand se brisa en mille éclats
Ton rire, tes jeux et ton vital espace ?

Pouvais-tu imaginer ça,
mépris, violente médisance ?
Et pourtant l’orage passa.
Plus de rictus ambigus en ta présence.

Toujours évitant les conflits
Jamais tu ne baissas la garde
Pour tous des poèmes tu lis
tandis que sur l’Azur ta plume s’attarde.

Moins de nuées à l’horizon
Mais toujours la même défiance
Envers autrui en déraison.
En toi seule tu crois et as confiance.

Comment aurais-tu pu savoir
Que ta vie serait une guerre
Menée toujours tel un devoir
Pour exister vraiment sur cette terre ?

 

 

Parole-scie

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 10 h 39 min

 

Il est des jours où le soleil brille, où le ciel est d’un bleu qui fait chanter le matin. On dit bonheur.

Et puis d’un coup tout devient gris mais au-dedans de soi. Et il se met à pleuvoir au fond du cœur.

Brume dans l’âme. Alors fermer les yeux. Gouffre profond, profond. Aspiration ! Se retenir ! Où ? Aux parois de l’avenir ?

            Vertige.

Une parole, rien qu’une, a suffi. Cataclysme. Innocence d’un petit geste si naturel, Foutue amabilité. Toujours vouloir aider l’autre, rendre service.

Toujours pas compris ! Parole flèche empoisonnée là brûlante. Tu ne l’as pas vue venir. La faute au soleil. La faute à toi, naïve !

Jamais croire que l’autre puisse…, que l’autre soit à l’affût de…, soit ton ennemi ! Petite phrase jetée que personne ne peut entendre sauf toi.  

            Parole-scie.

Tant de violence, haine comme viscérale. Prérogative néfaste de celle qui se veut La Mère, indispensable. Enfant roi !

Et, toujours, le soleil rit aux éclats. Des voix d’enfants, des chants d’oiseaux, des pas dans l’escalier, les cloches qui sonnent, la vie partout !

Alors ouvrir les yeux. Se faire lisse. Tu te fais caillou et tu roules sur le flot du temps. Tu te tais. Tu attends. Petite chose vaine.

            Solitude toujours, infinie, irrémédiable.

Vaincue ? Jamais ! Mais vivre ! Fureur de vivre ! D’où vient-elle ? Toi, la mal aimée. Toi, la Cassandre ! Et caillou jeté dans la fureur du vivre tu rebondiras encore cette fois. Comme toujours !

Mais Lui, le si petit….Tu as peur…pour Lui !

 

 

 

Éveil

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 10 h 35 min

 

Ouvrir la fenêtre. Entendre dialoguer carillons en matines. Nuit encore qui s’évapore et merle qui s’ébaudit en solitaire heureux. On entend. On devine.

Espace en espérance festive.

Et c’est le ciel qui s’éclaire mais qui s’enroue, fièvre humide, trop ! Pression prégnante des nuages en cohortes serrées et diffuses. Lutte aveugle et molle. Paupière qui se lève.

Attente moite craintive.

L’écureuil de balcon en balcon, ombre rousse bondissante, investigue. Les sages tourterelles invisibles s’interpellent et commentent. Pondérer dans une atmosphère en atonie languissante.

Éveil envers et contre tout, malgré tout.  

Une à une pâlissent les fenêtres, s’éteignent pupilles chaudes et vivantes. Opacité en retour du jour tout alentour ! Se dresse décor urbain, net. Architecture béton sur ciel laiteux.

Interrogations latentes évanescentes.

Nouvelle aventure toujours quand le pied matinal s’arrime au sol compact. La cogitation diurne s’ébranle. Mécanique aux rouages routiniers.

Vacarme en boîte crânienne d’homo sapiens déjà fatigué. Recommencer….

Samedi 13 février 2016

 

 

Nuit d’hôtel à Roissy

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 10 h 32 min

Copeaux d’incandescents remugles de tant et tant de dits retenus, de dons suspendus, s’effondrent, fondent et s’évaporent. Chaleur anesthésiant tendresse refoulée, fibres distendues.

Félicité factice.

Idées brassées mais extérieures sur écran lumineux. Film culte ! Entière adhésion personnelle vraie mais si endolorie. Sensations au centuple et égoïsme complètement assumé, revendiqué, digéré.

Vaillance assurée.

Impénétrable saveur de l’instant, encouetté, plein. Chambre lumineuse de nuit hivernale, anonyme. Parenthèse fœtale s’engouffre dans l’infini béant d’une journée fébrile, encombrante, inévitable et choisie.

Béatitude primaire assurée.

Sauvage régression instinctive, défensive. Point temporaire de non-retour dans les remous d’offenses consommées. Consomption évanescente décolle, plane, cogne le blanc plafond grené et s’éparpille en poussière de somnolence vague ronronnant.

C’est l’exclamation de la longue phrase germanique pour longtemps suspendue….

Mardi 16 février

 

 

En pensant à Jean Joubert

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 10 h 26 min

Deux textes écrits sous le coup de l’émotion : le premier, j’étais au bord de la mer quand j’appris la mort du poète Jean qui était devenu un ami ces dernières années, tant il savait dégager de l’empathie. Le second en rentrant de ses obsèques, ce fut pour moi une nécessité. Dire simplement comme je l’ai senti. Rien de plus. J’avais de lui cette photo que j’avais faite en septembre 2014, je crois, en face justement de la Maison de la Poésie de Montpellier.

 

Leçon de vie!

 

Il fait mer, il fait soleil dans ma tête, dans mes yeux. Pas d’alarmes, pas de larmes ! Tintamarre de bleus en grand silence d’oraison dans les sentes d’écume. C’est la Nature en sa plénitude matricielle.

Il fait mer, il fait lumière dans ma peau, dans mon ventre. Pas de transes ! De l’âme, la vacance. Horizon en feston d’ondes minérales pour un ciel en amour de neige nouvelle et de dociles ombres en partance.

La montagne toujours respire. La mer doucement soupire. Les nuées limpides les aspirent.

 

Pourtant le poète est parti dans un ailleurs interdit. Il n’avait pas encore tout dit. Il apprivoisa sa vie. Alliance, il fit aussi avec la Mort parce qu’il le fallait bien ! Il n’est qu’un humain ! Vaut mieux s’en faire une amie plutôt qu’une ennemie !

Vivre, vivre encore, chanter la Vie, intensément, insensément, et partir en paix, elle le lui avait promis. Semer toujours et encore pour toi et les autres, pour aujourd’hui et encore plus pour demain et puis s’aimer : toi et les autres sans jamais fuir.

Hyène pas folle, bien tôt, lui vola un enfant. Il l’avait alors terriblement comprise, l’indomptable faucheuse. Elle le veilla et pour lui, elle attendit son heure. Une nuit, elle a bondi. Le poète est parti sans bruit.

 

Et toujours il fera mer, il fera soleil dans nos poèmes et dans nos cœurs. Pas de vaines prières, pas de pleurs amers. Tintamarre de bleus pour oraison vibrante en ce jour de paix et de retrouvailles.

Toujours il fera joie en nos têtes et en nos voix quand rien que pour soi, sans forfanterie, au creux de son chez soi, humble enfin, chacun te lira, toi, le Jean aux sabots rouges, toi l’homme de sable bien malgré toi.

La montagne toujours respire. La mer doucement soupire. Les nuées limpides les aspirent.

Régine Nobécourt-Seidel

 

Le 3 décembre 2015, déjà un souvenir !

Ce ne fut pas triste, ce fut juste. Ce ne fut pas gai, ce fut sobre. Sa fille et ses petites filles et puis des textes lus, bien lus par une amie. Des textes de lui, des poésies. Et puis encore des amis auxquels il a beaucoup donné -une certaine notoriété-, sa libraire, son dernier éditeur, la directrice de la Maison de la poésie, un artiste d’ici. On les a entendus, écoutés peut-être, chacun dans ses pensées.

Ce ne fut ni triste ni gai, ce fut sobre et juste. Des bribes de vie, des mots, des images. Dans l’assistance, des amis, des humbles, des anonymes, quelques édiles discrets, sages, des poètes aussi, des hommes, des femmes, des gens d’ici à qui il a donné un peu de confiance, des miettes d’infini.

Le poète aux sabots rouges s’est tu. On ne l’a pas entendu, lui, mais dans la voix des autres un peu, ce qu’ils ont choisi. Pas lui ! Il est alors parti, emporté par ce petit air de Satie, quelques notes de piano, ce petit air qu’il aimait et qui avait accompagné sa soirée au café littéraire du quartier Malbosc à Montpellier le 14 octobre 2014. Souvenez-vous ! La musique de sa vie, secrète, discrète.

Régine Nobécourt-Seidel

 

 

 

Je ne suis qu’une ombre

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 10 h 24 min

 

 

Je ne suis qu’une ombre,

une ombre qui suit,

toujours sans encombre

ou bien qu’on poursuit,

une ombre qui colle,

jamais ne décolle,

longe les trottoirs,

plonge dans le noir,

n’a pas le cafard.

 

Je ne suis qu’une ombre,

tantôt belle évanouie,

tantôt bien trop sombre

et trop épanouie.

Parfois je m’affole

quand trop souffle Éole,

use les tiroirs,

ai mal à m’asseoir

ne sais pas vouloir.

 

Je ne suis qu’une ombre,

une ombre qui rit

mais craint la pénombre,

sur les murs s’inscrit

quand soleil s’étouffe,

la lune s’esbroufe.

Réjouie le soir,

j’peux être miroir,

donne aussi l’espoir.

 

Je ne suis qu’une ombre

aux pieds attachée,

je ne suis qu’une ombre,

esclave lynchée

flétrie dans la foule,

J’crains la mer sa houle.

Accoudée au comptoir,

chacun peut me voir,

sans heur, sans pouvoir.

 

Je ne suis qu’une ombre

 qui trinque et mincit.

Je ne suis qu’une ombre

toujours en sursis.

 

Mai 2016

 

 

Le soir au coin du feu

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 10 h 17 min

Le soir au coin du feu

 

Il flamme au ventre de ma maison. Il flamme en creux de mon île des quatre saisons. Il flamme au cœur des eaux qui se mêlent. Du ciel, de la terre et des mers. Il flamme du bois ramassé en plein été par moi, bois blessé, bois cassé, bois qui se transcende. Il flamme avant la cendre douce de demain, chaude, vivante, généreuse, qui nourrira mon jardin.

 

Foyer docile et pérenne en quête de carême et de pâmoison.

 

La nuit vient et il flamme dans le cœur des hommes en quête d’eux-mêmes et de raison. C’est l’heure du songe, de la méditation. Le vent s’arrime aux rochers, aux mâts des voiliers qui cognent sur les quais, s’entortille dans les genêts, les tamaris en furie.

 

Souffle tout autour, ici, là, partout. Souffle de puissance, souffle pour une renaissance.

 

Et il flamme au ventre de ma maison dans lequel, corps et âme ensemencés d’étoiles, je berce ma torpeur et j’écris. La nuit est là en lune d’automne éreinté et il flamme dans mon rêve éveillé pour secouer cet arbre de pensées en foison emmêlées.

 

Quel phénix insensé surgira émerveillé de cet incendie apprivoisé ?

 

Il flamme toujours en fin de journée quand, aux premiers froids, les voix se taisent au ventre de ma maison au cœur des eaux de sel et de pluie qui se mêlent. Et coule, inexorable, le temps aux vagues vagissements des souvenirs qui s’épuisent et s’épurent. 

 

Paix dans la tourmente auprès du feu fidèle venu du fond des âges.

12 décembre 2016

 

 

Il est des soirs…

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 10 h 09 min

Il est des soirs, on ne sait pourquoi la lune se fait bienveillante et d’un coup vous inspire. Sauver une situation, vite sans réfléchir et on s’accroche à la lune. Elle est là, avec sa face toute ronde se jouant des nuages juste dans le rectangle d’une vitre. Elle nous voit. C’est comme si elle veillait, comme si elle avait senti l’urgence. Elle a cligné de l’œil, envoyé un signal droit dans tes pensées et tu as dit dans ton histoire à dormir debout « Écoutez la lune ! Écoutez bien ! Elle parle aux étoiles ! »

Et ton histoire a continué son chemin emmenée par Madame la Lune.

Elle avait commencé pour toi toute seule, l’histoire. Tu ne savais même pas où elle allait, où elle irait, si même elle vivrait. Elle avait débuté dans un murmure au milieu des cris des enfants énervés. Le murmure des peluches égarées aux quatre coins de la salle de jeux dans des attitudes extravagantes, que tu as rassemblées. Il y a eu d’abord monsieur l’éléphant, le raisonnable et puis la souris culbutos qui ne pense qu’à danser. Tu as trouvé aussi le chien blanc si doux qui sait faire tant de câlins. Ce furent ensuite deux oursons, deux frères, un grand et un plus petit, inséparables tu as dit. Il a fallu retrouver les deux petits lapins turbulents, de vrais jumeaux à tel point qu’on a dû leur donner des noms, Antoine et Paul. Drôle de famille mais si sympathique que très vite un petit singe joueur s’est joint pour l’aventure. Et l’histoire est venue au fur et à mesure que les enfants approchaient comme aimantés par le chuchotement feutré de toutes ces peluches tout d’un coup réunies sans heurts, sans cris. Chacune avait trouvé son rôle, tranquillement.

Et doucement, doucement, eux, les deux petits, ils ont glissé vers toi, insensiblement. Le silence s’est installé, tranquillement. Et doucement, doucement, ils arrivèrent tout près et c’est à ce moment que…magie du soir, magie de la lune. Et tu t’es entendue dire « Écoutez la lune ! Écoutez bien ! Elle parle aux étoiles ! » « Vous entendez ? Chut ! Je l’entends ! Elle raconte des histoires à dormir debout ! Oh ! Vous entendez » Et ils ont entendu. Oui ! Ils ont entendu. Les yeux écarquillés, la bouche entr’ouverte. Un instant, tu avais gagné. Un instant de Grâce ! Un instant béni de la pleine lune de Janvier.

26 janvier 2016

 

 

Flocons d’éternité 30 août 2017

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 20 h 40 min

Neige de là où je suis. Instant présent se heurte aux heures d’un passé-présent, omniprésent. Violence colorée d’enfance en cocon d’espérance malgré le froid. Jadis, hier, aujourd’hui ! Et là toujours, poids en vertige.

Neige de ce lieu au nom d’outrance. Instant d’incompris d’un autrefois, qui ne fut jamais mien, se confond dans le souffle d’un nouveau-né. Violence de tant de non-dits sur la vitre froide du présent qui étouffe.

Neige de février festive contre autre neige-illusion jamais contée, contre neige en pleurs de solitude d’enfance gelée mais si vive, si folle de vie à venir. Violence profonde, enfouie toujours en creux d’absence.

Hiver germanique en boucle-spirale. Ruban de Moebius encore si loin de l’arc-en-ciel du lapin-artiste.

4 février 2016

 

 

MALTE

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 20 h 01 min

Chasteté, pauvreté et puis obéissance
Ce sont les trois saints vœux de l’ordre de Saint Jean,
Nobles chevaliers, chrétiens d’obédience
Sur ce plateau tout blanc à combattre s’engageant.

Il fait bon vivre ici dit le bienheureux pêcheur
Sur sa barque perché, la mer est généreuse.
On chante, on boit, on rit ; ici, c’est le bonheur.
Les hivers y sont doux, la pêche fabuleuse.

Fiers chevaliers revenus des Croisades,
Sur ce roc mordoré, vous voilà bâtisseurs.
Églises et remparts sont autant de bravades
Face aux mythiques flots, guettant l’envahisseur.

Il fait bon vivre ici dit le casseur de pierre
Et du matin au soir quand le soleil pâlit,
On frappe, on tranche, on rit, au fond de la carrière
Même si la fatigue en nos rides se lit.

Grands maîtres fortunés marquent de leurs empreintes :
Poires, fleurs de coton, qu’importe ! les porches des maisons,
les lourdes tours de guet, les épais murs d’enceinte.
Et pirates se font. Charités pour raisons.

Il fait bon vivre ici dit l’humble dentelière
Si mince est mon blanc fil, mon napperon si beau
que s’y mirent soleil et vague cavalière.
Qu’importe si mes yeux  ne voient plus l’escabeau.

Encore aujourd’hui, malgré la République,
Vous êtes toujours là, organisés, soignant,
Sur votre roc doré ; fin du temps des reliques
Et la mer tout autour, Elle, toujours régnant.

Il fait bon vivre ici disent tous les touristes,
Mer et mégalithes, figues et câpriers,
On bronze, on dort, on boit, le soir tous sur la piste,
On danse, on rêve, on vit pour le mal oublier.

 

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