Vracdesouvenirs

 

Solitude portuaire 2 septembre 2017

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 21 h 42 min

Orange solitude d’un encore rendez-vous manqué du soleil avec la lune. Havre-port encombré. Écorces de violences diurnes d’un hier torturé percent la lactescence nacrée des ombres mollissantes. Voiles et cordes étanchent l’encre qui s’abîme encore au reposoir fatigué.

Ni nuit, ni jour. Limbes d’incertitudes.

Empreintes stériles de l’homme de désir, de l’homme de puissance. Présent toujours même en absence. Voiles en espérance de bleu lavé dans les oublis croissants d’une Hécate amoureuse. Amertume éblouissante allume une aube renaissante.

Ni nuit, ni jour. Rémanences.

C’est un port qui agonise pour mieux ressusciter en clarté d’aurore fantastique.

7 avril 2016 RNS

 

 

Scène de rue à Munich

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 21 h 37 min

 

Gémissement de l’accordéon lassé que l’homme cassé niche en son ancestral reposoir bien fatigué par tant et tant d’années de trimbalements incongrus.

Lamentation des cordes toujours volontaires du violon voisin solitaire contre un mur gris. Seul un jour fané s’apitoie.

Indifférence des passants qui flânent ou vaquent en quête de sensations, de saveurs nouvelles d’images insolites et banales, de vitrines en clairon.

Déferlement en vagues carillonnantes multicolores dans un air mouillé d’angoisses refoulées.

Main tendue au coin d’une rue. Sourire retenu, convenu. Échange furtif de regards chargés de mille et une histoires.

Rêves qui se cognent, dégoulinent et puis s’enlisent dans les effluves étranges de chairs ouvertes, de boulanges fraîches, d’agrumes en orchestration contemporaine.

Pagaille de voix, de sons, de gestes, d’accents. C’est un samedi en plein cœur de Munich.

Et puis un clic et tout se fige. Image qui fera le tour du monde. Boomerang d’aujourd’hui. Demain, dans un mois, dans un an, dans cent ans, une image, vérité d’un instant. Une place, une rue dans le vacarme plat d’une vie. Infime particule d’infini.

 

 

C’est un soir

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 21 h 35 min

Le travail terminé, les jouets ramassés,
Le ménage achevé, suave la musique,
Les vêtements rangés, on se dit, magnifique !
Pouvoir se reposer, enfin se délasser.

Sourient le canapé, le fauteuil damassé !
Le repos mérité, notre corps revendique !
Ouïr le silence, grand’mère s’y applique.
Comme chat à l’affut, le soir s’est avancé.

C’est l’heure des serments, c’est l’heure camériste,
L’amant se fait disert, la mère moraliste,
Il fait bon rêvasser, l’époux devient félin,

La femme devient fleur, elle se fait colombe
Bientôt sera l’instant du marital câlin….
L’alarme retentit, la maison se fait tombe.

 

 

Fin de journée

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 21 h 33 min

 

Quand je me fais pelote au creux de ton épaule,
Que le jour fut grincheux, les échanges fumeux,
Le travail fastidieux, les propos venimeux,
je ne crains plus les fous ni le froid d’Éole.

De tes bras fatigués, alors j’aime la geôle.
Je ferme les yeux, mon esprit est brumeux,
Des soucis, c’est l’oubli ! Ton souffle qui s’émeut ?,
Doux effluves de paix. Chacun joue bien son rôle.

Pas d’inutile bruit ! Fait bon d’être chez soi.
Les reflux de ton sang, seule, moi, les perçois.
C’est l’heure sans amis, la clarté qui vacille !

De tous abandonnés, on n’attend rien vraiment.
Malgré le poids des ans, on goûte ce moment
qui n’appartient qu’à nous si loin de la famille.

 

 

Vieux village des Cévennes

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 8 h 41 min

Village d’autrefois tassé dans ton vallon,
Tout en toi nous séduit, interdit aux voitures.
En promeneurs curieux, à pied on s’aventure ;
Tes pierres disjointes avec plaisir foulons.

On rêve et on se perd. Tout bas nous parlons.
Tes murs sont discrets, muettes les sculptures.
On imagine hier, ici on conjecture,
De la vieille église on sort à reculons.

Nos pas s’étouffent sous la voûte des ruelles.
Là un coquelicot, d’un chat roux, l’écuelle !
Du château du bailli aux pierres du lavoir,

De la fontaine au four jusqu’aux anciennes halles,
On grimpe sans mollir,  arrive au vieux pressoir,
Et tout là-haut enfin c’est le cœur qui s’emballe !

 

 

Guilam chante un de mes textes: Et pourtant tu résistes 31 août 2017

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 17 h 16 min

 

Quand on est enfant sage on aime les demains,
Docile soumission, gracieuse patience !
On compte les heures, du temps on n’a conscience,
Sur la plage, Il fait bon flâner, main dans la main.

Un amour contrarié, qu’importe ! C’est commun.
On se dit j’ai le temps, à quoi bon l’impatience,
On avance toujours, détendue est l’ambiance.
Tranquille, on prend son temps, tout cela est humain. 

Et les années passent, on sent qu’on prend de l’âge.
Le  temps se fait pressant, vite on tourne la page.
Les ans se précipitent. Rides et tour de reins !

Viennent les jours trop longs, les nuits qui se font tristes ;
Vue basse et un corps flasque, on se dit quel pétrin !
Bien fini le bon temps ! Et pourtant tu résistes.

 

 

 

Question existentielle

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 16 h 54 min

Savoir écouter le silence qui chante la vie,
savoir écouter la terre et le ciel,
savoir écouter battre le cœur de la pierre comme celui du chêne séculaire
quand hurlent les loups, glapissent les chiens et bêlent les troupeaux asservis
de ceux qu’on ose encore nommer des Hommes, 

savoir écouter le silence qui murmure dans la nuit,
savoir écouter la lune et les étoiles,
savoir écouter battre le sang des fleuves et des océans
quand braille la foule, s’invectivent les politiques et se trémoussent
les chasseurs de Pokemons hypnotisés,

savoir écouter l’autre,
savoir qui on est, d’où l’on vient, où l’on va,
savoir être soi, savoir vivre tout simplement
quand tout se déglingue autour de soi, chacun ne voit que soi et
s’assassine la race humaine,

est-ce encore possible aujourd’hui sans risquer le lynchage ?

 

 

Onirisme régressif

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 16 h 49 min

Un petit soir, un tout petit soir de répit, rond, tout rond, rond comme la pomme rouge qui roule dans le verger de mon enfance. Juste un petit soir…ne rien faire…

Répit d’un petit soir chaud et frais à la fois, profond comme le  secret creux de paille sous la charpente de la grange de mon enfance. Juste un petit soir…de rien du tout…

Un soir de petit répit, léger, léger comme la grosse bulle de savon qui s’envole vers les nuages lourds et gris du ciel de mon enfance .Juste un petit répit…ne pas penser…

Un soir lisse et dense comme l’œuf si chaud, si frais cueilli dans le nid haut perché, celui de la poule rousse évidemment des contes de mon enfance. Juste ce soir…en boule dans le noir…

Un petit soir, un petit répit, un détour à peine ébauché, une boucle d’éternité rien qu’à soi, rien qu’à moi…et puis, et puis rien, plus rien que la nuit à venir si pleine, si vide au ventre si doux…

Oublier, m’oublier…

 

 

Un soleil dans la nuit

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 10 h 53 min

Un soleil dans la nuit, ta fenêtre qui brille
Échauffe le terreau où germe un devenir !
Sur la lampe chaude un moustique se grille,
Ta nuque se raidit, le sommeil doit venir.

Un soleil dans la nuit et la lune scintille,
S’invitent mille senteurs, le jardin est si près,
Flottent les ténèbres essoufflant la charmille,
Là-bas en sentinelle s’alarme le cyprès.

Il pleut des étoiles au fond de ton alcôve
Et toi, seul en émoi, tu écoutes vibrer
Les cordes de ton cœur à l’espérance fauve
Quand s’ébranle minuit assidu et feutré.

Il pleut des étoiles en averse opportune
Et ton stylo s’éprend de studieuse ferveur,
Les mots coulent en flot, inestimable fortune !
On n’en voit plus au loin qu’indicible douceur.

C’est une nuit de lune et de vives étoiles,
Grosse de merveilleux et de tendres récits,
Qui crève le soleil de ta croisée sans voile.
Au sommeil qui te fuit tu dois dire merci.

Pour le noceur errant qui, sur le chemin passe,
Ta fenêtre en soleil sur son noir firmament
Est comme le salut d’une étoile fugace
avant qu’il ne sombre en un gouffre de tourments.

17 mai 2016

 

 

Toi, petite fille,

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 10 h 49 min

Dans les frimas de tes sept ans
Tu priais Marie, Dieu et les anges,
Tu étais sage et coulait le temps
Entre mère, frère et père qu’on dérange.

Sur les terres de tes sept ans
Tu ignorais d’autres existences
Tu courais les bois, les étangs
Pourtant mille dards guettaient ta douce enfance.

Pouvais-tu imaginer ça,
Tous ces vices de la camarde
Qui, en quelques mois renversa
Ta confiance et décolora tes hardes ?

Pouvais-tu imaginer, toi,
Qui te voyais déjà « maîtresse »
Ce qui les laissa tous pantois,
L’étendue mais le pouvoir de ta détresse ?

Pouvais-tu imaginer, là,
Comment il te faudrait faire face
Quand se brisa en mille éclats
Ton rire, tes jeux et ton vital espace ?

Pouvais-tu imaginer ça,
mépris, violente médisance ?
Et pourtant l’orage passa.
Plus de rictus ambigus en ta présence.

Toujours évitant les conflits
Jamais tu ne baissas la garde
Pour tous des poèmes tu lis
tandis que sur l’Azur ta plume s’attarde.

Moins de nuées à l’horizon
Mais toujours la même défiance
Envers autrui en déraison.
En toi seule tu crois et as confiance.

Comment aurais-tu pu savoir
Que ta vie serait une guerre
Menée toujours tel un devoir
Pour exister vraiment sur cette terre ?

 

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