Vracdesouvenirs

 

Guilam chante un de mes textes: Et pourtant tu résistes 31 août 2017

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 17 h 16 min

 

Quand on est enfant sage on aime les demains,
Docile soumission, gracieuse patience !
On compte les heures, du temps on n’a conscience,
Sur la plage, Il fait bon flâner, main dans la main.

Un amour contrarié, qu’importe ! C’est commun.
On se dit j’ai le temps, à quoi bon l’impatience,
On avance toujours, détendue est l’ambiance.
Tranquille, on prend son temps, tout cela est humain. 

Et les années passent, on sent qu’on prend de l’âge.
Le  temps se fait pressant, vite on tourne la page.
Les ans se précipitent. Rides et tour de reins !

Viennent les jours trop longs, les nuits qui se font tristes ;
Vue basse et un corps flasque, on se dit quel pétrin !
Bien fini le bon temps ! Et pourtant tu résistes.

 

 

 

Question existentielle

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 16 h 54 min

Savoir écouter le silence qui chante la vie,
savoir écouter la terre et le ciel,
savoir écouter battre le cœur de la pierre comme celui du chêne séculaire
quand hurlent les loups, glapissent les chiens et bêlent les troupeaux asservis
de ceux qu’on ose encore nommer des Hommes, 

savoir écouter le silence qui murmure dans la nuit,
savoir écouter la lune et les étoiles,
savoir écouter battre le sang des fleuves et des océans
quand braille la foule, s’invectivent les politiques et se trémoussent
les chasseurs de Pokemons hypnotisés,

savoir écouter l’autre,
savoir qui on est, d’où l’on vient, où l’on va,
savoir être soi, savoir vivre tout simplement
quand tout se déglingue autour de soi, chacun ne voit que soi et
s’assassine la race humaine,

est-ce encore possible aujourd’hui sans risquer le lynchage ?

 

 

Onirisme régressif

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 16 h 49 min

Un petit soir, un tout petit soir de répit, rond, tout rond, rond comme la pomme rouge qui roule dans le verger de mon enfance. Juste un petit soir…ne rien faire…

Répit d’un petit soir chaud et frais à la fois, profond comme le  secret creux de paille sous la charpente de la grange de mon enfance. Juste un petit soir…de rien du tout…

Un soir de petit répit, léger, léger comme la grosse bulle de savon qui s’envole vers les nuages lourds et gris du ciel de mon enfance .Juste un petit répit…ne pas penser…

Un soir lisse et dense comme l’œuf si chaud, si frais cueilli dans le nid haut perché, celui de la poule rousse évidemment des contes de mon enfance. Juste ce soir…en boule dans le noir…

Un petit soir, un petit répit, un détour à peine ébauché, une boucle d’éternité rien qu’à soi, rien qu’à moi…et puis, et puis rien, plus rien que la nuit à venir si pleine, si vide au ventre si doux…

Oublier, m’oublier…

 

 

Un soleil dans la nuit

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 10 h 53 min

Un soleil dans la nuit, ta fenêtre qui brille
Échauffe le terreau où germe un devenir !
Sur la lampe chaude un moustique se grille,
Ta nuque se raidit, le sommeil doit venir.

Un soleil dans la nuit et la lune scintille,
S’invitent mille senteurs, le jardin est si près,
Flottent les ténèbres essoufflant la charmille,
Là-bas en sentinelle s’alarme le cyprès.

Il pleut des étoiles au fond de ton alcôve
Et toi, seul en émoi, tu écoutes vibrer
Les cordes de ton cœur à l’espérance fauve
Quand s’ébranle minuit assidu et feutré.

Il pleut des étoiles en averse opportune
Et ton stylo s’éprend de studieuse ferveur,
Les mots coulent en flot, inestimable fortune !
On n’en voit plus au loin qu’indicible douceur.

C’est une nuit de lune et de vives étoiles,
Grosse de merveilleux et de tendres récits,
Qui crève le soleil de ta croisée sans voile.
Au sommeil qui te fuit tu dois dire merci.

Pour le noceur errant qui, sur le chemin passe,
Ta fenêtre en soleil sur son noir firmament
Est comme le salut d’une étoile fugace
avant qu’il ne sombre en un gouffre de tourments.

17 mai 2016

 

 

Toi, petite fille,

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 10 h 49 min

Dans les frimas de tes sept ans
Tu priais Marie, Dieu et les anges,
Tu étais sage et coulait le temps
Entre mère, frère et père qu’on dérange.

Sur les terres de tes sept ans
Tu ignorais d’autres existences
Tu courais les bois, les étangs
Pourtant mille dards guettaient ta douce enfance.

Pouvais-tu imaginer ça,
Tous ces vices de la camarde
Qui, en quelques mois renversa
Ta confiance et décolora tes hardes ?

Pouvais-tu imaginer, toi,
Qui te voyais déjà « maîtresse »
Ce qui les laissa tous pantois,
L’étendue mais le pouvoir de ta détresse ?

Pouvais-tu imaginer, là,
Comment il te faudrait faire face
Quand se brisa en mille éclats
Ton rire, tes jeux et ton vital espace ?

Pouvais-tu imaginer ça,
mépris, violente médisance ?
Et pourtant l’orage passa.
Plus de rictus ambigus en ta présence.

Toujours évitant les conflits
Jamais tu ne baissas la garde
Pour tous des poèmes tu lis
tandis que sur l’Azur ta plume s’attarde.

Moins de nuées à l’horizon
Mais toujours la même défiance
Envers autrui en déraison.
En toi seule tu crois et as confiance.

Comment aurais-tu pu savoir
Que ta vie serait une guerre
Menée toujours tel un devoir
Pour exister vraiment sur cette terre ?

 

 

Parole-scie

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 10 h 39 min

 

Il est des jours où le soleil brille, où le ciel est d’un bleu qui fait chanter le matin. On dit bonheur.

Et puis d’un coup tout devient gris mais au-dedans de soi. Et il se met à pleuvoir au fond du cœur.

Brume dans l’âme. Alors fermer les yeux. Gouffre profond, profond. Aspiration ! Se retenir ! Où ? Aux parois de l’avenir ?

            Vertige.

Une parole, rien qu’une, a suffi. Cataclysme. Innocence d’un petit geste si naturel, Foutue amabilité. Toujours vouloir aider l’autre, rendre service.

Toujours pas compris ! Parole flèche empoisonnée là brûlante. Tu ne l’as pas vue venir. La faute au soleil. La faute à toi, naïve !

Jamais croire que l’autre puisse…, que l’autre soit à l’affût de…, soit ton ennemi ! Petite phrase jetée que personne ne peut entendre sauf toi.  

            Parole-scie.

Tant de violence, haine comme viscérale. Prérogative néfaste de celle qui se veut La Mère, indispensable. Enfant roi !

Et, toujours, le soleil rit aux éclats. Des voix d’enfants, des chants d’oiseaux, des pas dans l’escalier, les cloches qui sonnent, la vie partout !

Alors ouvrir les yeux. Se faire lisse. Tu te fais caillou et tu roules sur le flot du temps. Tu te tais. Tu attends. Petite chose vaine.

            Solitude toujours, infinie, irrémédiable.

Vaincue ? Jamais ! Mais vivre ! Fureur de vivre ! D’où vient-elle ? Toi, la mal aimée. Toi, la Cassandre ! Et caillou jeté dans la fureur du vivre tu rebondiras encore cette fois. Comme toujours !

Mais Lui, le si petit….Tu as peur…pour Lui !

 

 

 

Éveil

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 10 h 35 min

 

Ouvrir la fenêtre. Entendre dialoguer carillons en matines. Nuit encore qui s’évapore et merle qui s’ébaudit en solitaire heureux. On entend. On devine.

Espace en espérance festive.

Et c’est le ciel qui s’éclaire mais qui s’enroue, fièvre humide, trop ! Pression prégnante des nuages en cohortes serrées et diffuses. Lutte aveugle et molle. Paupière qui se lève.

Attente moite craintive.

L’écureuil de balcon en balcon, ombre rousse bondissante, investigue. Les sages tourterelles invisibles s’interpellent et commentent. Pondérer dans une atmosphère en atonie languissante.

Éveil envers et contre tout, malgré tout.  

Une à une pâlissent les fenêtres, s’éteignent pupilles chaudes et vivantes. Opacité en retour du jour tout alentour ! Se dresse décor urbain, net. Architecture béton sur ciel laiteux.

Interrogations latentes évanescentes.

Nouvelle aventure toujours quand le pied matinal s’arrime au sol compact. La cogitation diurne s’ébranle. Mécanique aux rouages routiniers.

Vacarme en boîte crânienne d’homo sapiens déjà fatigué. Recommencer….

Samedi 13 février 2016

 

 

Nuit d’hôtel à Roissy

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 10 h 32 min

Copeaux d’incandescents remugles de tant et tant de dits retenus, de dons suspendus, s’effondrent, fondent et s’évaporent. Chaleur anesthésiant tendresse refoulée, fibres distendues.

Félicité factice.

Idées brassées mais extérieures sur écran lumineux. Film culte ! Entière adhésion personnelle vraie mais si endolorie. Sensations au centuple et égoïsme complètement assumé, revendiqué, digéré.

Vaillance assurée.

Impénétrable saveur de l’instant, encouetté, plein. Chambre lumineuse de nuit hivernale, anonyme. Parenthèse fœtale s’engouffre dans l’infini béant d’une journée fébrile, encombrante, inévitable et choisie.

Béatitude primaire assurée.

Sauvage régression instinctive, défensive. Point temporaire de non-retour dans les remous d’offenses consommées. Consomption évanescente décolle, plane, cogne le blanc plafond grené et s’éparpille en poussière de somnolence vague ronronnant.

C’est l’exclamation de la longue phrase germanique pour longtemps suspendue….

Mardi 16 février

 

 

En pensant à Jean Joubert

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 10 h 26 min

Deux textes écrits sous le coup de l’émotion : le premier, j’étais au bord de la mer quand j’appris la mort du poète Jean qui était devenu un ami ces dernières années, tant il savait dégager de l’empathie. Le second en rentrant de ses obsèques, ce fut pour moi une nécessité. Dire simplement comme je l’ai senti. Rien de plus. J’avais de lui cette photo que j’avais faite en septembre 2014, je crois, en face justement de la Maison de la Poésie de Montpellier.

 

Leçon de vie!

 

Il fait mer, il fait soleil dans ma tête, dans mes yeux. Pas d’alarmes, pas de larmes ! Tintamarre de bleus en grand silence d’oraison dans les sentes d’écume. C’est la Nature en sa plénitude matricielle.

Il fait mer, il fait lumière dans ma peau, dans mon ventre. Pas de transes ! De l’âme, la vacance. Horizon en feston d’ondes minérales pour un ciel en amour de neige nouvelle et de dociles ombres en partance.

La montagne toujours respire. La mer doucement soupire. Les nuées limpides les aspirent.

 

Pourtant le poète est parti dans un ailleurs interdit. Il n’avait pas encore tout dit. Il apprivoisa sa vie. Alliance, il fit aussi avec la Mort parce qu’il le fallait bien ! Il n’est qu’un humain ! Vaut mieux s’en faire une amie plutôt qu’une ennemie !

Vivre, vivre encore, chanter la Vie, intensément, insensément, et partir en paix, elle le lui avait promis. Semer toujours et encore pour toi et les autres, pour aujourd’hui et encore plus pour demain et puis s’aimer : toi et les autres sans jamais fuir.

Hyène pas folle, bien tôt, lui vola un enfant. Il l’avait alors terriblement comprise, l’indomptable faucheuse. Elle le veilla et pour lui, elle attendit son heure. Une nuit, elle a bondi. Le poète est parti sans bruit.

 

Et toujours il fera mer, il fera soleil dans nos poèmes et dans nos cœurs. Pas de vaines prières, pas de pleurs amers. Tintamarre de bleus pour oraison vibrante en ce jour de paix et de retrouvailles.

Toujours il fera joie en nos têtes et en nos voix quand rien que pour soi, sans forfanterie, au creux de son chez soi, humble enfin, chacun te lira, toi, le Jean aux sabots rouges, toi l’homme de sable bien malgré toi.

La montagne toujours respire. La mer doucement soupire. Les nuées limpides les aspirent.

Régine Nobécourt-Seidel

 

Le 3 décembre 2015, déjà un souvenir !

Ce ne fut pas triste, ce fut juste. Ce ne fut pas gai, ce fut sobre. Sa fille et ses petites filles et puis des textes lus, bien lus par une amie. Des textes de lui, des poésies. Et puis encore des amis auxquels il a beaucoup donné -une certaine notoriété-, sa libraire, son dernier éditeur, la directrice de la Maison de la poésie, un artiste d’ici. On les a entendus, écoutés peut-être, chacun dans ses pensées.

Ce ne fut ni triste ni gai, ce fut sobre et juste. Des bribes de vie, des mots, des images. Dans l’assistance, des amis, des humbles, des anonymes, quelques édiles discrets, sages, des poètes aussi, des hommes, des femmes, des gens d’ici à qui il a donné un peu de confiance, des miettes d’infini.

Le poète aux sabots rouges s’est tu. On ne l’a pas entendu, lui, mais dans la voix des autres un peu, ce qu’ils ont choisi. Pas lui ! Il est alors parti, emporté par ce petit air de Satie, quelques notes de piano, ce petit air qu’il aimait et qui avait accompagné sa soirée au café littéraire du quartier Malbosc à Montpellier le 14 octobre 2014. Souvenez-vous ! La musique de sa vie, secrète, discrète.

Régine Nobécourt-Seidel

 

 

 

Je ne suis qu’une ombre

Classé dans : Non classé — vracdesouvenirs @ 10 h 24 min

 

 

Je ne suis qu’une ombre,

une ombre qui suit,

toujours sans encombre

ou bien qu’on poursuit,

une ombre qui colle,

jamais ne décolle,

longe les trottoirs,

plonge dans le noir,

n’a pas le cafard.

 

Je ne suis qu’une ombre,

tantôt belle évanouie,

tantôt bien trop sombre

et trop épanouie.

Parfois je m’affole

quand trop souffle Éole,

use les tiroirs,

ai mal à m’asseoir

ne sais pas vouloir.

 

Je ne suis qu’une ombre,

une ombre qui rit

mais craint la pénombre,

sur les murs s’inscrit

quand soleil s’étouffe,

la lune s’esbroufe.

Réjouie le soir,

j’peux être miroir,

donne aussi l’espoir.

 

Je ne suis qu’une ombre

aux pieds attachée,

je ne suis qu’une ombre,

esclave lynchée

flétrie dans la foule,

J’crains la mer sa houle.

Accoudée au comptoir,

chacun peut me voir,

sans heur, sans pouvoir.

 

Je ne suis qu’une ombre

 qui trinque et mincit.

Je ne suis qu’une ombre

toujours en sursis.

 

Mai 2016

 

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